Conférence Marc Laimé avec photographies des pollutions
December 12th, 2009Le blog de Marc Laimé : Les eaux glacées du calcul égoïte http://www.eauxglacees.com/
Le blog de Marc Laimé : Les eaux glacées du calcul égoïte http://www.eauxglacees.com/
La carte est un document public diffusé par la DDASS du Rhône : http://rhone-alpes.sante.gouv.fr/rhone/sante_environnement/pdf/qualite_eau_potable_2007.pdf
La tâche rouge au milieu, c’est Villefranche-sur-Saône et sa région (CAVIL et SIEOV). Problème : la DDASS indique seulement 2 molécules détectées, lors que dans la réalité 11 molécules différentes ont été détectées dans l’eau (analyses européennes de 2007). Les seuils de détection trop élevés des analyses DDASS faussent donc l’information des consommateurs.
Plus grave, le Grand Lyon a été entièrement mis en vert = absence de détection de pesticides. Cette soi-disant absence est due au seuil très haut de 30 ng/l des analyses DDASS. Si on descendait à 20 ng/l comme pour les analyses européennes, ou à 6 ng/l comme cela est possible, on détecterait de l’atrazine et certains autres des 37 pesticides du Rhône, et de leurs produits de dégradation. Bien sûr cela ne ferait pas plaisir au Grand Lyon et à VEOLIA, qui clament depuis des dizaines d’années que l’eau de Lyon est excellente.
La preuve. En 1997, 6 analyses indépendantes ont été faites dans l’un des puits d’eau potable du Grand Lyon : 5 détections d’atrazine et 3 détections de déséthyl-atrazine (produit de dégradation de l’atrazine). Ces analyses indépendantes ont été supprimées après. Pourquoi? Et ce n’est pas tout, du mercure (0,1 µg/l), du cadmium, (1 µg/l), du chrome (10 µg/l), du cuivre (6 détections, max 110 µg/l), plus 78 détections de solvants chlorés, dont du tétrachlorure de carbone (très toxique), du tétrachloréthylène…, ont été mesurés dans l’eau de Lyon. Les détections de métaux lourds sont très rares en France dans les captages d’eau potable. En détecter autant, dans un seul puits de captage, montre bien que l’eau de l’agglomération lyonnaise n’est pas aussi bonne que cela.
Nous avons vu précédemment que les seuils de détection élevés du contrôle sanitaire faussaient les résultats, en particulier pour la limite de qualité sur le total des pesticides.
Ces seuils peuvent facilement être abaissés. Quelques exemples :
D’après “la référence des professionnels”, le Rodier, “L’Analyse de l’eau”, 9e édition, 2009, le seuil de détection de l’atrazine est de 6 ng/l (par CG, en page 548). Hors la DDASS du Rhône demande au laboratoire un seuil de 30 ng/l. Cela fausse le résultat sur le total des pesticides, et permet de dire qu’il n’y a pas de pesticides dans l’eau des 1,1 million d’habitants du Grand Lyon.
En 2004, l’AFSSA (Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a réalisé de nombreuses analyses avec les seuils suivants :
Autre aberration : métolachlore ESA, OA : aucune analyse de la DDASS 69. Cela est grave, car ces produits de dégradation de pesticides sont parfaitement connus et analysés en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans, et la France refuse de les rechercher dans l’eau potable, alors que c’est obligatoire d’après la réglementation européenne (produits de dégradation pertinents).
En France, la qualité du contrôle sanitaire est contestée régulièrement. La principale critique concerne les seuils de détection des polluants qui sont trop élevés. La DDASS prend une concentration en un pesticide égale à zéro, alors que ce pesticide est présent dans l’eau juste en dessous du seuil de détection. La somme des concentrations en pesticides est donc fausse. La norme sur le total des 300 pesticides existants ne peut donc être vérifiée. Fréquemment, des polluants présents en amont des captages d’eau ne sont pas recherchés. L’eau est donc qualifiée de potable, alors qu’elle serait non-potable si ces polluants étaient analysés dans l’eau.
Cependant des preuves sont nécessaires pour affirmer que les analyses DDASS officielles sont faussées. A Villefranche-sur-Saône, ces preuves existent. En 2007 et 2008, deux organismes différents ont analysé la même eau brute des captages.
Les résultats sont sans appel :
Les analyses DDASS officielles, qui sont les seules utilisées pour nous affirmer en permanence que l’eau est potable et de très bonne qualité, sont donc insuffisantes.
Sur exactement la même eau, la DDASS détecte 6 fois moins de pesticides que les analyses européennes. La concentration totale moyenne en pesticides est 3 fois moins élevée dans les analyses DDASS (0,07 µg/l) que dans les analyses européennes (0,21 µg/l).
A Villefranche-sur-Saône, et dans tout le département du Rhône, le contrôle sanitaire est insuffisant, et les résultats officiels faux pour quantifier le total des pesticides. Cela est extrêmement grave, car la santé (et même la vie sur le long terme) de 1,5 millions de personnes est menacée par cette non-qualité prouvée.
La cause du problème a été recherchée. Les seuils de détection trop élevés pour le contrôle sanitaire sont l’unique cause des résultats faussés. Les deux laboratoires ont parfaitement respecté leurs cahiers des charges (seuils de détection et de quantification), ils ne sont donc pas responsables du grave problème. Leurs clients (les communes, l’Etat ou la DDASS), qui commandent les analyses avec ces seuils trop élevés, sont les uniques responsables des résultats erronés.
Par deux fois (21/03/2005 et 12/07/2005), la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides a été dépassée par les analyses européennes, alors que la DDASS n’a détecté aucun dépassement de norme (max 0,2 µg/l le 06/07/2005). Si on ajoute tous les produits de dégradation des 22 pesticides de l’eau captée, et des 72 pesticides de l’eau en amont des captages, il est probable que l’eau de Villefranche-sur-Saône est en permanence au-dessus de la norme.
Le cas des 1,1 million d’habitants alimentés par les captages du Grand Lyon est inquiétant. Certains des 37 pesticides détectés dans le Rhône, à des concentrations parfois énormes (19 pesticides au-dessus de la norme de 0,1 µg/l), devraient se retrouver dans l’eau des lyonnais, alors que la DDASS ne trouve rien. Lyon n’a pas la chance d’avoir des analyses européennes indépendantes. Elles existaient autrefois mais elles ont été supprimées en 2000.
Cette comparaison apporte la preuve que les analyses sanitaires officielles sont erronées dans tout le département du Rhône.
L’anniversaire des 50 ans de la catastrophe de Malpasset à Fréjus aura lieu dans quelques jours, et les médias n’en parlent pas beaucoup. Le 2 décembre 1959, le barrage de Malpasset a cédé, faisant plus de 400 morts, l’une des plus grandes catastrophes civiles françaises.
Quels rapports avec l’eau dans le Rhône? Deux au moins :
D’après des professionnels des barrages, la catastrophe était prévisible et évitable. Des relevés de géomètre étaient faits sur le barrage. Ces mesures montraient que le barrage allait casser. Cependant, les relevés étaient rangés bien consciencieusement dans une armoire, sans être exploités. Suite à cela, l’intégralité de la gestion des barrages français a été confiée à EDF, qui avait le personnel compétent pour éviter une nouvelle catastrophe. Cette version du drame est bien différente de la version officielle. En 1971, le Conseil d’Etat rendait coupable ‘l’imprévisible nature”.
Ce qui se passe actuellement pour la qualité de l’eau potable à Villefranche, dans le Rhône et en France n’est-il pas équivalent? Des milliers de personnes, où même beaucoup plus, pourraient être malades ou mourir à cause de la pollution de l’eau dite potable. Toutes les mesures sont là, et n’y a-t-il pas de l’incompétence à ne pas agir?
L’autre problème local est l’immense barrage illégal fait de 2,6 millions de tonnes de déchets à Anse, qui barre le lit majeur de la Saône. En cas d’un autre barrage involontaire sous le pont d’Anse, des inondations exceptionnelles, bien plus importantes de celles de 1840, toucheraient toute la vallée de la Saône. Pour évaluer le malheur des populations, lisez les récits de celles 1840, c’est horrible. Au maximum de la crue, le pont (qui n’a pas été conçu pour résister comme un vrai barrage) pourrait céder. Une immense vague dévasterait les vallées de la Saône et du Rhône en aval (des milliers de morts possibles?). La ville de Lyon pourrait être en partie détruite, quartiers du Vieux Lyon et de la Presqu’ile. Déjà en 1840, la Saône passait à travers la Presqu’ile pour rejoindre le Rhône.
Récit d’une enfant rescapée de Malpasset (paru dans le journal la Croix) : “Le soir du drame, une enfant, alors âgée de 12 ans, était dans la maison familiale, à 8 km du barrage, tout occupée à repriser des chaussettes. Quand elle a entendu un grondement continu, aussi assourdissant qu’une explosion. Pas le temps d’aller à la fenêtre. Les murs et l’eau se sont abattus sur moi, raconte-t-elle. Lorsque la fillette a repris ses esprits, elle se trouvait à 1 km de là, près de la nationale 7. Ses habits avaient été arrachés par les innombrables débris que charriaient les eaux. Dans cette nuit noire et froide, j’ai cru que la fin du monde était venue. Pour elle, en effet, un monde a pris fin. A 21 h, vous êtes heureux en famille. A 22h, vous n’avez plus rien. Père, mère, oncle, tante, cousines s’en sont allés. En attendant des secours qu’elle n’espère plus, elle passera 2 heures, peut-être plus, blottie, contre un de ses frères, 15 ans, que la vague a cueilli dans son sommeil avant de l’abandonner à la boue, à quelques dizaines de mètres de sa cadette. Envoyée dans un internat pour jeunes filles à Cannes, loin de ses 2 frères scolarisés à Marseille… elle songe alors à mourir, en veut à Dieu, à ses parents qui l’ont laissée en vie, pendant que tant d’autres ont péri.”
Un collectif sur l’eau, l’environnement et la santé dans le Beaujolais a été créé. Si vous êtes préoccupés par votre santé et celle vos enfants, n’hésitez à venir nous rejoindre. Depuis mai 2009, quatre réunions d’usagers ont eu lieu pour la création du collectif.
La pollution de l’eau distribuée est notre principale préoccupation. L’eau du robinet est-elle réellement potable?
Sans réponse valable des pouvoirs publics depuis 10 ans, se regrouper nous a semblé la seule solution.
PCB et mercure dans les poissons près de Villefranche
En février 2008, des analyses de 4 poissons (brochet, sandre, silure) à Quincieux (près des champs captant de Villefranche-sur-Saône) ont montré une contamination des poissons au mercure : max 0,53 µg/g de poids frais de poisson.
On note également :
En amont de Villefranche, la contamination de la Saône est identique : somme des PCB indicateurs de 29 400 000 pg/g de matière grasse à Ouroux-sur-Saône.
Ces informations sont inquiétantes, car si le mercure et les PCB s’accumulent dans les poissons de la Saône, ils pourraient aussi s’accumuler dans les corps des 60000 habitants qui boivent l’eau de la Saône.
PCB et mercure et dans les sédiments de la Saône en amont de Villefranche-sur-Saône
Le 29/05/2008, une analyse des sédiments de la Saône, en amont des captages de Villefranche, à Ouroux-sur-Saône, a montré une concentration en mercure de 0,66 mg/kg de matière sèche.
La somme des PCB indicateurs est de 18,8 µg/kg de matière sèche.
En amont des puits d’eau potable de Villefranche-sur-Saône, qui captent l’eau jusqu’à 27 m de la Saône à travers les sédiments, cette contamination est inquiétante.
Les responsabilités du maire concernant l’eau potable, d’après le site http://www.rhone-alpes.sante.gouv.fr/ :
Le maire
Par sa fonction, le maire détient des pouvoirs de police générale, prévus dans le Code général des collectivités territoriales. En matière d’eau potable, retenons que :
Sur le site de la DRASS de l’Ile de France :
Le Maire est responsable de l’organisation du service public de l’eau potable.
Le Maire est le garant de la salubrité publique sur le territoire de sa commune. Cette responsabilité peut être engagée vis à vis de la qualité des eaux desservies ou des ressources situées sur la commune.
La situation actuelle n’est pas bonne, mais des solutions existent pour obtenir une eau de bonne qualité.
A Villefranche-sur-Saône, les captages actuels sont implantés au plus mauvais endroit possible : à quelques mètres de la Saône, en aval de la zone industrielle et de l’agglomération. Heureusement il y a de nombreuses nappes non polluées tout autour de la ville. Il suffit donc de déplacer les captages. Je propose de créer deux nouveaux champs captants : un dans la nappe au nord de la ville (zone de Boitray-Besonne) et un dans la nappe de la Dombes (zone de Bessey à Frans).
Pour Lyon, le Grand Lyon et le reste du département, je propose une alimentation par des captages dans des nappes situées à plusieurs dizaines de kilomètres. Les romains étaient arrivés à alimenter Lyon de cette manière, il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir le faire aujourd’hui. Dans les départements voisins de l’Ain et de l’Isère, il y a encore des nappes non polluées par les solvants chlorés qui ont les capacités d’alimenter le Grand Lyon.
Ces propositions seront détaillées plus tard.
D’après la DDASS, 98 % des habitants du département du Rhône (soit 1 500 000 personnes) boivent une eau contaminée par le tétrachoréthylène. Cette pollution généralisée aux solvants chlorés va poser un problème de santé publique.
Ce problème est en fait parfaitement connu depuis plus de 20 ans. L’Etat et les collectivités locales (qui vendent l’eau polluée) ne font rien d’efficace pour essayer de le résoudre. Alors pourquoi n’informe-t-on pas les usagers qu’ils puissent se protéger par leurs propres moyens?
Exemple du champ captant de Crépieux-Charmy qui alimente en eau l’agglomération de Lyon (environ un million de personnes). La situation est bien similaire à celle de Villefranche en ce qui concerne l’absence totale d’information des usagers sur la qualité réelle de l’eau et la gestion contestable de la ressource en eau :
Partout, le discours officiel est invariable. Tout va bien. L’eau est de très bonne qualité à Lyon et Villefranche On a même qualifié le champ captant de Crépieux-Charmy de “bijou”, peut-être mais surtout “bijou pollué”. La pollution aux solvants chlorés de l’eau potable à Lyon et Villefranche est officiellement qualifiée de “bruit de fond”, alors que le tétrachloréthylène est 10 à 100 fois au dessus de la norme de l’eau potable.