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98 % des habitants du Rhône sont exposés au tétrachloréthylène

Sunday, July 13th, 2008

D’après la DDASS, 98 % des habitants du département du Rhône (soit 1 500 000 personnes) boivent une eau contaminée par le tétrachoréthylène. Cette pollution généralisée aux solvants chlorés va poser un problème de santé publique.

Ce problème est en fait parfaitement connu depuis plus de 20 ans. L’Etat et les collectivités locales (qui vendent l’eau polluée) ne font rien d’efficace pour essayer de le résoudre. Alors pourquoi n’informe-t-on pas les usagers qu’ils puissent se protéger par leurs propres moyens?

Exemple du champ captant de Crépieux-Charmy qui alimente en eau l’agglomération de Lyon (environ un  million de personnes). La situation est bien similaire à celle de Villefranche en ce qui concerne l’absence totale d’information des usagers sur la qualité réelle de l’eau et la gestion contestable de la ressource en eau :

  • Concentration en tétrachloréthylène dans l’eau distribuée aux usagers : 0,6 µg/l, soit 10 fois au dessus de la norme de l’eau potable (0,06 µg/l d’après l’article R 1321-2 du Code de la Santé Publique et la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé).
  • Nombre de cancers et de morts provoqués par l’empoisonnement au tétrachloréthylène similaire à celui de Villefranche.
  • Strictement aucune information des usagers sur la présence de tétrachloréthylène dans l’eau du robinet, et sur les risques pour la santé (rien dans le rapport annuel 2006 sur la qualité de l’eau, rien sur  les sites internet des communes). Les mairies refusent de donner des informations par téléphone. Un usager a passé une heure avec des responsables sanitaires qui ne savaient pas (ou faisaient semblant de ne pas savoir) la signification du mot “tétrachloréthylène”. Le chef de service a ensuite rappelé en refusant de donner des informations sur la qualité de l’eau, et en disant que les résultats d’analyses du tétrachloréthylène dans l’eau des lyonnais faisaient partie du “SECRET SANITAIRE” (du jamais vu, le secret sanitaire est illégal !).
  • Comme à Villefranche, la pollution des captages de Lyon et du Grand Lyon est connue début le début des années 80. D’après la directive européenne de 1980, l’origine du tétrachloréthylène aurait dû être trouvé, et le problème résolu par arrêt et dépollution des sources de pollution. Au lieu de cela, les autorités ont pratiqué (et continue de pratiquer) la dilution de la pollution aux solvants chlorés par l’eau du fleuve Rhône. Des bassins d’infiltration servent à amener l’eau du Rhône vers les puits de captage. Mais on n’avait pas pensé que l’eau du fleuve Rhône pouvait être aussi polluée : HAP (benzo a pyrène détecté dans l’eau distribuée en 2006), PCB (Les PCB se sont-ils accumulés dans le corps des lyonnais?) et pesticides. Des documents officiels de la DDASS du Rhône mentionnent la dilution comme une méthode de traitement des pollutions : non, la dilution est une méthode pour cacher aux usagers les problèmes, mais la dilution ne résout rien.
  • La même société privée, VEOLIA Eau, gère le captage et la distribution de l’eau depuis très longtemps:
    • Depuis 125 ans à Villefranche-sur-Saône sans interruption.
    • Depuis 150 ans à Lyon (avec une période de régie au 20ième siècle).

Partout, le discours officiel est invariable. Tout va bien. L’eau est de très bonne qualité à Lyon et Villefranche On a même qualifié le champ captant de Crépieux-Charmy de “bijou”, peut-être mais surtout “bijou pollué”. La pollution aux solvants chlorés de l’eau potable à Lyon et Villefranche est officiellement qualifiée de “bruit de fond”, alors que le tétrachloréthylène est 10 à 100 fois au dessus de la norme de l’eau potable.

Impact sanitaire de la pollution de l'eau potable au tétrachloréthylène et à l'atrazine

Friday, November 2nd, 2007

Les concentrations moyennes, en polluants dans les captages d’eau potable du bassin RMC mesurées par le contrôle sanitaire (DDASS) contenues dans la banque ADES, sont :

  • 0,29 µg/l pour le tétrachloréthylène (résultat très sous-estimé à cause des seuils de détection trop hauts de 0,5 µg/l  à 5 µg/l en général, à cause de l’absence des analyses DDASS du département du Rhône dans ADES)
  • 0,036 µg/l pour l’atrazine (résultat fiable)

Pour une exposition toute une vie à ces concentrations pour la France entière, le calcul donne :

  • 400 cancers causés par le tétrachloréthylène
  • 15 cancers causés par l’atrazine

J’espère donc m’être trompé dans mes calculs pour le tétrachloréthylène. L’impact sanitaire des solvants chlorés dans l’eau potable devrait être étudié par les pouvoirs publics. Cet impact semble bien supérieur à celui des pesticides dans l’eau. 

Le tétrachloréthylène est plus toxique que l'atrazine !

Thursday, November 1st, 2007

Le problème de la validité des limites de qualité de l’eau potable en France est souvent posé, en particulier pour les pesticides et les micropolluants toxiques.

Les deux substances qui posent le plus de problèmes en France sont l’atrazine pour les pesticides et le tétrachloréthylène pour les micropolluants (résiste aux traitements classiques : chlore, ozone, filtration).

·        Limite de qualité de l’atrazine : 0,1 µg/l

·      Limite de qualité du tétrachloréthylène : 10 µg/l (si trichloréthylène = 0 µg/l)

Soit un rapport de 100. La toxicité des produits justifie-elle cette grande différence ?

Pour trouver les valeurs toxicologiques de référence (VTR), il faut suivre la circulaire du Ministère de la santé (du 30 mai 2006  DGS/SD7B/2006/234). Le tétrachloréthylène et l’atrazine sont cancérigènes non génotoxiques, mais comme les experts ne sont pas d’accord, il faut utiliser une valeur toxicologique de référence sans seuil (dernier paragraphe de la circulaire), ici celles de l’OEHHA, seules qui existent dans les organismes cités dans la circulaire.

·        Atrazine ERUo = 0,23 (mg/kg/j)-1

·        Tétrachloréthylène ERUo = 0,54 (mg/kg/j)-1

Pour comparer les toxicités, il faut corriger la valeur du tétrachloréthylène car, d’après les modèles de l’OEHHA, 70 % du risque vient de la consommation d’eau et 30 % de l’inhalation lors des autres activités domestiques.

Dans l’eau potable, le tétrachloréthylène serait donc 3 fois plus dangereux que l’atrazine. Cela n’est pas cohérent avec les limites françaises qui ont le rapport inverse de 100.

De plus, le caractère cancérigène de l’atrazine est douteux (IARC groupe 3), alors que le tétrachloréthylène est certainement cancérigène (IARC groupe 2A).

Le calcul du risque de cancer pour toute une vie donne à la limite de qualité :

·        Atrazine ERI = 6 10-7, soit un cancer pour 1 600 000 habitants (= risque nul de décès)

·        Tétrachloréthylène ERI = 1,7 10-4, soit un cancer pour 6 000 habitants (en incluant l’inhalation, calcul de l’OEHHA avec les doses métabolisées). Risque inacceptable, la norme est comprise entre 10-5 et 10-6. En général, les organismes du Ministère de la Santé utilisent 10-6 pour calculer les concentrations admissibles. A la limite de qualité de 10 µg/l, le tétrachloréthylène serait 160 fois au-dessus de la norme AEP (= absence de « substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes » Art 1321-2 du Code de la Santé Publique, ancien Art. 2 – I du décret 2001-1220). En appliquant le principe de réciprocité (le risque de 10-6 est utilisé par le Ministère de la Santé pour prouver l’absence de risque pour la santé), la norme pour le tétrachloréthylène dans l’eau potable devrait être donc de 0,06 µg/l.

Pourquoi informer et inquiéter les populations quand la concentration en atrazine dépasse 0,1 µg/l, alors qu’il n’y a strictement aucun risque pour la santé. D’autres usagers peuvent consommer une eau à 9 µg/l  de tétrachloréthylène pendant des dizaines années sans être informer, alors qu’il y a un danger potentiel (calcul en application d’une circulaire officielle du Ministère de la Santé). De toute façon, le principe constitutionnel de précaution s’applique en France. Même cancérigène non génotoxique, certains experts estiment que le tétrachloréthylène pourrait avoir un effet sans seuil, le risque doit être pris en compte.

Actuellement les “limites de qualité”, que certains confondent avec les normes de l’eau potable, sont inexplicables et injustifiables. La limite de qualité du tétrachloréthylène (ainsi que celle du trichloréthylène) devrait être révisée et basée uniquement sur des critères sanitaires.

Tétrachloréthylène premier polluant des nappes (et de l'eau potable ?)

Wednesday, October 31st, 2007

La théorie officielle oppose les pollutions diffuses d’origine agricole (pesticides supposés dangereux car très répandus : atrazine, diuron…) aux pollutions ponctuelles d’origine industrielle (solvants chlorés supposés moins dangereux car peu répandus : tetrachlorethylene, trichlorethylene, trichlorethane-1,1,1…).

Cependant, voici la synthèse des analyses d’eaux souterraines dans le bassin RMC contenues  dans la banque de données ADES :

  • 24 % de détections de tétrachloréthylène sur 9701 analyses (en réalité 30 % à 50 % des nappes pourraient être polluées, car 68 % des analyses négatives ont un seuil de détection trop haut : 5 µg/l à  0,1 µg/l)
  • 22 % de détections d’atrazine sur 13293 analyses (résultat non biaisé par l’effet seuil de détection)
  • 22 % de détection de trichloréthane-1,1,1 sur 7706 analyses
  • 20 % de détection de trichloréthylène sur 9580 analyses 
  • 6 % de détection de diuron sur 9062 analyses

De plus, les analyses récentes en milieu rural montrent souvent la présence de tétrachloréthylène alors qu’il n’y a aucune grosse industrie en amont.  

Le tétrachloréthylène (PCE ou TTCE) serait donc le plus important polluant des eaux souterraines. La vision officielle serait donc à réviser, et le problème devrait être étudié si on ne veut  pas se retrouver devant une catastrophe environnementale et sanitaire dans quelques années.

Le PCE contamine aussi les eaux et les sédiments des rivières, donc les captages d’eau potable et la mer. Une estimation donne plus d’une centaine de tonnes de PCE dans les sédiments du Rhône. La teneur en PCE dans les Matières En Suspension du Rhône est en progression (270 µg/kg en décembre 2006).

Dans les captages d’eau “potable” en nappe, 15 % (résultat complètement biaisé par le problème des seuils de détection trop hauts) des analyses de la DDASS montre une concentration supérieure à 0,06 µg/l, norme de l’eau potable en appliquant le Code de la Santé Publique et la circulaire du 30 mai 2006. La “limite de qualité” de 10 µg/l n’est pas à prendre en compte car à cette concentration le danger pour la santé est au moins potentiel.

Les traitements d’eau classiques (chloration, ozonation, filtration sur sable…) sont inefficaces pour éliminer le PCE. Le PCE contamine donc les eaux distribuées, dite potables (là malheureusement, aucune transparence, aucune analyse disponible sur internet).