Archive for the ‘Eau Rhône’ Category

Seuils de détections

Tuesday, November 24th, 2009

Nous avons vu précédemment que les seuils de détection élevés du contrôle sanitaire faussaient les résultats, en particulier pour la limite de qualité sur le total des pesticides.

Ces seuils peuvent facilement être abaissés. Quelques exemples :

D’après “la référence des professionnels”, le Rodier, “L’Analyse de l’eau”, 9e édition, 2009, le seuil de détection de l’atrazine est de 6 ng/l (par CG, en page 548). Hors la DDASS du Rhône demande au laboratoire un seuil de 30 ng/l. Cela fausse le résultat sur le total des pesticides, et permet de dire qu’il n’y a pas de pesticides dans l’eau des 1,1 million d’habitants du Grand Lyon.

En 2004, l’AFSSA (Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a réalisé de nombreuses analyses avec les seuils suivants :

  • Tétrachloroéthylène : 2 ng/l (seuil DDASS 69 : 500 ng/l, et norme 60 ng/l d’après Article R1321-2 du CSP)
  • Benzo(a)pyrène : 0,8 ng/l (seuil DDASS 69 : 10 ng/l, et norme 10 ng/l)
  • Métolachlore : 8 ng/l (seuil DDASS 69 : 35 ng/l, et norme 100 ng/l)

Autre aberration : métolachlore ESA, OA : aucune analyse de la DDASS 69. Cela est grave, car ces produits de dégradation de pesticides sont parfaitement connus et analysés en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans, et la France refuse de les rechercher dans l’eau potable, alors que c’est obligatoire d’après la réglementation européenne (produits de dégradation pertinents).

Les solutions pour l'eau dans le Rhône

Tuesday, July 15th, 2008

La situation actuelle n’est pas bonne, mais des solutions existent pour obtenir une eau de bonne qualité.

A Villefranche-sur-Saône, les captages actuels sont implantés au plus mauvais endroit possible : à quelques mètres de la Saône, en aval de la zone industrielle et de l’agglomération. Heureusement il y a de nombreuses nappes non polluées tout autour de la ville. Il suffit donc de déplacer les captages. Je propose de créer deux nouveaux champs captants : un dans la nappe au nord de la ville (zone de Boitray-Besonne) et un dans la nappe de la Dombes (zone de Bessey à Frans).

Pour Lyon, le Grand Lyon et le reste du département, je propose une alimentation par des captages dans des nappes situées à plusieurs dizaines de kilomètres. Les romains étaient arrivés à alimenter Lyon de cette manière, il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir le faire aujourd’hui. Dans les départements voisins de l’Ain et de l’Isère, il y a encore des nappes non polluées par les solvants chlorés qui ont les capacités d’alimenter le Grand Lyon.

Ces propositions seront détaillées plus tard.

98 % des habitants du Rhône sont exposés au tétrachloréthylène

Sunday, July 13th, 2008

D’après la DDASS, 98 % des habitants du département du Rhône (soit 1 500 000 personnes) boivent une eau contaminée par le tétrachoréthylène. Cette pollution généralisée aux solvants chlorés va poser un problème de santé publique.

Ce problème est en fait parfaitement connu depuis plus de 20 ans. L’Etat et les collectivités locales (qui vendent l’eau polluée) ne font rien d’efficace pour essayer de le résoudre. Alors pourquoi n’informe-t-on pas les usagers qu’ils puissent se protéger par leurs propres moyens?

Exemple du champ captant de Crépieux-Charmy qui alimente en eau l’agglomération de Lyon (environ un  million de personnes). La situation est bien similaire à celle de Villefranche en ce qui concerne l’absence totale d’information des usagers sur la qualité réelle de l’eau et la gestion contestable de la ressource en eau :

  • Concentration en tétrachloréthylène dans l’eau distribuée aux usagers : 0,6 µg/l, soit 10 fois au dessus de la norme de l’eau potable (0,06 µg/l d’après l’article R 1321-2 du Code de la Santé Publique et la circulaire du 30 mai 2006 du Ministère de la Santé).
  • Nombre de cancers et de morts provoqués par l’empoisonnement au tétrachloréthylène similaire à celui de Villefranche.
  • Strictement aucune information des usagers sur la présence de tétrachloréthylène dans l’eau du robinet, et sur les risques pour la santé (rien dans le rapport annuel 2006 sur la qualité de l’eau, rien sur  les sites internet des communes). Les mairies refusent de donner des informations par téléphone. Un usager a passé une heure avec des responsables sanitaires qui ne savaient pas (ou faisaient semblant de ne pas savoir) la signification du mot “tétrachloréthylène”. Le chef de service a ensuite rappelé en refusant de donner des informations sur la qualité de l’eau, et en disant que les résultats d’analyses du tétrachloréthylène dans l’eau des lyonnais faisaient partie du “SECRET SANITAIRE” (du jamais vu, le secret sanitaire est illégal !).
  • Comme à Villefranche, la pollution des captages de Lyon et du Grand Lyon est connue début le début des années 80. D’après la directive européenne de 1980, l’origine du tétrachloréthylène aurait dû être trouvé, et le problème résolu par arrêt et dépollution des sources de pollution. Au lieu de cela, les autorités ont pratiqué (et continue de pratiquer) la dilution de la pollution aux solvants chlorés par l’eau du fleuve Rhône. Des bassins d’infiltration servent à amener l’eau du Rhône vers les puits de captage. Mais on n’avait pas pensé que l’eau du fleuve Rhône pouvait être aussi polluée : HAP (benzo a pyrène détecté dans l’eau distribuée en 2006), PCB (Les PCB se sont-ils accumulés dans le corps des lyonnais?) et pesticides. Des documents officiels de la DDASS du Rhône mentionnent la dilution comme une méthode de traitement des pollutions : non, la dilution est une méthode pour cacher aux usagers les problèmes, mais la dilution ne résout rien.
  • La même société privée, VEOLIA Eau, gère le captage et la distribution de l’eau depuis très longtemps:
    • Depuis 125 ans à Villefranche-sur-Saône sans interruption.
    • Depuis 150 ans à Lyon (avec une période de régie au 20ième siècle).

Partout, le discours officiel est invariable. Tout va bien. L’eau est de très bonne qualité à Lyon et Villefranche On a même qualifié le champ captant de Crépieux-Charmy de “bijou”, peut-être mais surtout “bijou pollué”. La pollution aux solvants chlorés de l’eau potable à Lyon et Villefranche est officiellement qualifiée de “bruit de fond”, alors que le tétrachloréthylène est 10 à 100 fois au dessus de la norme de l’eau potable.

Le Rhône pollue-t-il la méditerranée ?

Tuesday, October 30th, 2007

La question est souvent posée, voici quelques éléments de réponse.

 Les quantités de pollution toxique rejetée par le Rhône dans la mer sont :

  • ·         46 tonnes de pesticides par an, dont :

    • o        16 tonnes de Diuron   (cancérigène R40)

    • o        9 tonnes de Dichlorprop   

    • o        8 tonnes de 2 4 D

    • o        40 pesticides différents au total

  • ·        192 tonnes de micropolluants toxiques par an, principalement solvants chlorés, chlorophénols, nitrophénols, chlorobenzènes, chloronitrobenzènes, nitrotoluènes, chloroaniline, octylphénols, tributylphophate.

  • ·         4 tonnes de micropolluants sur MES (Matières en Suspension) par an, principalement solvants chlorés, toluène, PCB, HAP, phtalates (DEPH), dont

    • o        68 kg de PCB par an

Les PCB ne sont donc pas les seuls polluants du Rhône et de la Méditerranée.  

Calcul du flux de pesticides : débit moyen du Rhône (1700 m3/s) multiplié par la moyenne du 01/01/2000 au 31/12/2006 de la somme des concentrations en pesticides mesurées au Pont d’Arles (station n° 131550 du Réseau National). L’effet de seuil a été corrigé en prenant la moitié du seuil de détection pour les pesticides que l’on détecte tous les ans.

Calcul du flux des micropolluants : idem sans correction de l’effet de seuil

Calcul des PCB sous estimé, car les PCB se déplacent avec les sédiments pendant les crues du Rhône. Estimation de la quantité de PCB dans les sédiments du Rhône : 300 tonnes