Archive for November, 2009

Carte de qualité faussée

Wednesday, November 25th, 2009

 La carte est un document public diffusé par la DDASS du Rhône : http://rhone-alpes.sante.gouv.fr/rhone/sante_environnement/pdf/qualite_eau_potable_2007.pdf

La tâche rouge au milieu, c’est Villefranche-sur-Saône et sa région (CAVIL et SIEOV). Problème : la DDASS indique seulement 2 molécules détectées, lors que dans la réalité 11 molécules différentes ont été détectées dans l’eau (analyses européennes de 2007). Les seuils de détection trop élevés des analyses DDASS faussent donc l’information des consommateurs.

Plus grave, le Grand Lyon a été entièrement mis en vert = absence de détection de pesticides. Cette soi-disant absence est due au seuil très haut de 30 ng/l des analyses DDASS. Si on descendait à 20 ng/l comme pour les analyses européennes, ou à 6 ng/l comme cela est possible, on détecterait de l’atrazine et certains autres des 37 pesticides du Rhône, et de leurs produits de dégradation. Bien sûr cela ne ferait pas plaisir au Grand Lyon et à VEOLIA, qui clament depuis des dizaines d’années que l’eau de Lyon est excellente.

La preuve. En 1997,  6 analyses indépendantes ont été faites dans l’un des puits d’eau potable du Grand Lyon : 5 détections d’atrazine et 3 détections de déséthyl-atrazine (produit de dégradation de l’atrazine). Ces analyses indépendantes ont été supprimées après. Pourquoi? Et ce n’est pas tout, du mercure (0,1 µg/l), du cadmium, (1 µg/l), du chrome (10 µg/l), du cuivre (6 détections, max 110 µg/l), plus 78 détections de solvants chlorés, dont du tétrachlorure de carbone (très toxique), du tétrachloréthylène…, ont été mesurés dans l’eau de Lyon. Les détections de métaux lourds sont très rares en France dans les captages d’eau potable. En détecter autant, dans un seul puits de captage, montre bien que l’eau de l’agglomération lyonnaise n’est pas aussi bonne que cela.

Seuils de détections

Tuesday, November 24th, 2009

Nous avons vu précédemment que les seuils de détection élevés du contrôle sanitaire faussaient les résultats, en particulier pour la limite de qualité sur le total des pesticides.

Ces seuils peuvent facilement être abaissés. Quelques exemples :

D’après “la référence des professionnels”, le Rodier, “L’Analyse de l’eau”, 9e édition, 2009, le seuil de détection de l’atrazine est de 6 ng/l (par CG, en page 548). Hors la DDASS du Rhône demande au laboratoire un seuil de 30 ng/l. Cela fausse le résultat sur le total des pesticides, et permet de dire qu’il n’y a pas de pesticides dans l’eau des 1,1 million d’habitants du Grand Lyon.

En 2004, l’AFSSA (Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a réalisé de nombreuses analyses avec les seuils suivants :

  • Tétrachloroéthylène : 2 ng/l (seuil DDASS 69 : 500 ng/l, et norme 60 ng/l d’après Article R1321-2 du CSP)
  • Benzo(a)pyrène : 0,8 ng/l (seuil DDASS 69 : 10 ng/l, et norme 10 ng/l)
  • Métolachlore : 8 ng/l (seuil DDASS 69 : 35 ng/l, et norme 100 ng/l)

Autre aberration : métolachlore ESA, OA : aucune analyse de la DDASS 69. Cela est grave, car ces produits de dégradation de pesticides sont parfaitement connus et analysés en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans, et la France refuse de les rechercher dans l’eau potable, alors que c’est obligatoire d’après la réglementation européenne (produits de dégradation pertinents).

Comparaison entre les analyses DDASS et les analyses européennes

Sunday, November 15th, 2009

En France, la qualité du contrôle sanitaire est contestée régulièrement. La principale critique concerne les seuils de détection des polluants qui sont trop élevés. La DDASS prend une concentration en un pesticide égale à zéro, alors que ce pesticide est présent dans l’eau juste en dessous du seuil de détection. La somme des concentrations en pesticides est donc fausse. La norme sur le total des 300 pesticides existants ne peut donc être vérifiée. Fréquemment, des polluants présents en amont des captages d’eau ne sont pas recherchés. L’eau est donc qualifiée de potable, alors qu’elle serait non-potable si ces polluants étaient analysés dans l’eau.

Cependant des preuves sont nécessaires pour affirmer que les analyses DDASS officielles sont faussées. A Villefranche-sur-Saône, ces preuves existent. En 2007 et 2008, deux organismes différents ont analysé la même eau brute des captages.

Les résultats sont sans appel :

  • 7,5 détections de pesticides par analyse, et 14 pesticides différents détectés, par le Réseau de Contrôle européen (RC).
  • 1,3 détection de pesticides par analyse, et 3 pesticides différents détectés, par le contrôle sanitaire (DDASS).

Les analyses DDASS officielles, qui sont les seules utilisées pour nous affirmer en permanence que l’eau est potable et de très bonne qualité, sont donc insuffisantes.

Sur exactement la même eau, la DDASS détecte 6 fois moins de pesticides que les analyses européennes. La concentration totale moyenne en pesticides est 3 fois moins élevée dans les analyses DDASS (0,07 µg/l)  que dans les analyses européennes (0,21 µg/l).

A Villefranche-sur-Saône, et dans tout le département du Rhône, le contrôle sanitaire est insuffisant, et les résultats officiels faux pour quantifier le total des pesticides. Cela est extrêmement grave, car la santé (et même la vie sur le long terme)  de 1,5 millions de personnes est menacée par cette non-qualité prouvée.

La cause du problème a été recherchée. Les seuils de détection trop élevés pour le contrôle sanitaire sont l’unique cause des résultats faussés. Les deux laboratoires ont parfaitement respecté leurs cahiers des charges (seuils de détection et de quantification), ils ne sont donc pas responsables du grave problème. Leurs clients (les communes, l’Etat ou la DDASS), qui commandent les analyses avec ces seuils trop élevés, sont les uniques responsables des résultats erronés.

Par deux fois (21/03/2005 et 12/07/2005), la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides a été dépassée par les analyses européennes, alors que la DDASS n’a détecté aucun dépassement de norme (max 0,2 µg/l le 06/07/2005). Si on ajoute tous les produits de dégradation des 22 pesticides de l’eau captée, et des 72 pesticides de l’eau en amont des captages, il est probable que l’eau de Villefranche-sur-Saône est en permanence au-dessus de la norme.

Le cas des 1,1 million d’habitants alimentés par les captages du Grand Lyon est inquiétant. Certains des 37 pesticides détectés dans le Rhône, à des concentrations parfois énormes (19 pesticides au-dessus de la norme de 0,1 µg/l), devraient se retrouver dans l’eau des lyonnais, alors que la DDASS ne trouve rien. Lyon n’a pas la chance d’avoir des analyses européennes indépendantes. Elles existaient autrefois mais elles ont été supprimées en 2000.

Cette comparaison apporte la preuve que les analyses sanitaires officielles sont erronées dans tout le département du Rhône.

Malpasset, catastrophe de l'incompétence?

Sunday, November 15th, 2009

L’anniversaire des 50 ans de la catastrophe de Malpasset à Fréjus aura lieu dans quelques jours, et les médias n’en parlent pas beaucoup. Le 2 décembre 1959, le barrage de Malpasset a cédé, faisant plus de 400 morts, l’une des plus grandes catastrophes civiles françaises.

Quels rapports avec l’eau dans le Rhône? Deux au moins :

D’après des professionnels des barrages, la catastrophe était prévisible et évitable. Des relevés de géomètre étaient faits sur le barrage. Ces mesures montraient que le barrage allait casser. Cependant, les relevés étaient rangés bien consciencieusement dans une armoire, sans être exploités. Suite à cela, l’intégralité de la gestion des barrages français a été confiée à EDF, qui avait le personnel compétent pour éviter une nouvelle catastrophe. Cette version du drame est bien différente de la version officielle. En 1971, le Conseil d’Etat rendait coupable ‘l’imprévisible nature”.

Ce qui se passe actuellement pour la qualité de l’eau potable à Villefranche, dans le Rhône et en France n’est-il pas équivalent? Des milliers de personnes, où même beaucoup plus, pourraient être malades ou mourir à cause de la pollution de l’eau dite potable. Toutes les mesures sont là, et n’y a-t-il pas de l’incompétence à ne pas agir?

L’autre problème local est l’immense barrage illégal fait de 2,6 millions de tonnes de déchets à Anse, qui barre le lit majeur de la Saône. En cas d’un autre barrage involontaire sous le pont d’Anse, des inondations exceptionnelles, bien plus importantes de celles de 1840, toucheraient toute la vallée de la Saône. Pour évaluer le malheur des populations, lisez les récits de celles 1840, c’est horrible. Au maximum de la crue, le pont (qui n’a pas été conçu pour résister comme un vrai barrage) pourrait céder. Une immense vague dévasterait les vallées de la Saône et du Rhône en aval (des milliers de morts possibles?). La ville de Lyon pourrait être en partie détruite, quartiers du Vieux Lyon et de la Presqu’ile. Déjà en 1840, la Saône passait à travers la Presqu’ile pour rejoindre le Rhône.

Récit d’une enfant rescapée de Malpasset (paru dans le journal la Croix) : “Le soir du drame, une enfant, alors âgée de 12 ans, était dans la maison familiale, à 8 km du barrage, tout occupée à repriser des chaussettes. Quand elle a entendu un grondement continu, aussi assourdissant qu’une explosion. Pas le temps d’aller à la fenêtre. Les murs et l’eau se sont abattus sur moi,  raconte-t-elle. Lorsque la fillette a repris ses esprits, elle se trouvait à 1 km de là, près de la nationale 7. Ses habits avaient été arrachés par les innombrables débris que charriaient les eaux. Dans cette nuit noire et froide, j’ai cru que la fin du monde était venue. Pour elle, en effet, un monde a pris fin. A 21 h, vous êtes heureux en famille. A 22h, vous n’avez plus rien. Père, mère, oncle, tante, cousines s’en sont allés. En attendant des secours qu’elle n’espère plus, elle passera 2 heures, peut-être plus, blottie, contre un de ses frères, 15 ans, que la vague a cueilli dans son sommeil avant de l’abandonner à la boue,  à quelques dizaines de mètres de sa cadette. Envoyée dans un internat pour jeunes filles à Cannes, loin de ses 2 frères scolarisés à Marseille… elle songe alors à mourir, en veut à Dieu, à ses parents qui l’ont laissée en vie, pendant que tant d’autres ont péri.”