Comparaison entre les analyses DDASS et les analyses européennes

En France, la qualité du contrôle sanitaire est contestée régulièrement. La principale critique concerne les seuils de détection des polluants qui sont trop élevés. La DDASS prend une concentration en un pesticide égale à zéro, alors que ce pesticide est présent dans l’eau juste en dessous du seuil de détection. La somme des concentrations en pesticides est donc fausse. La norme sur le total des 300 pesticides existants ne peut donc être vérifiée. Fréquemment, des polluants présents en amont des captages d’eau ne sont pas recherchés. L’eau est donc qualifiée de potable, alors qu’elle serait non-potable si ces polluants étaient analysés dans l’eau.

Cependant des preuves sont nécessaires pour affirmer que les analyses DDASS officielles sont faussées. A Villefranche-sur-Saône, ces preuves existent. En 2007 et 2008, deux organismes différents ont analysé la même eau brute des captages.

Les résultats sont sans appel :

  • 7,5 détections de pesticides par analyse, et 14 pesticides différents détectés, par le Réseau de Contrôle européen (RC).
  • 1,3 détection de pesticides par analyse, et 3 pesticides différents détectés, par le contrôle sanitaire (DDASS).

Les analyses DDASS officielles, qui sont les seules utilisées pour nous affirmer en permanence que l’eau est potable et de très bonne qualité, sont donc insuffisantes.

Sur exactement la même eau, la DDASS détecte 6 fois moins de pesticides que les analyses européennes. La concentration totale moyenne en pesticides est 3 fois moins élevée dans les analyses DDASS (0,07 µg/l)  que dans les analyses européennes (0,21 µg/l).

A Villefranche-sur-Saône, et dans tout le département du Rhône, le contrôle sanitaire est insuffisant, et les résultats officiels faux pour quantifier le total des pesticides. Cela est extrêmement grave, car la santé (et même la vie sur le long terme)  de 1,5 millions de personnes est menacée par cette non-qualité prouvée.

La cause du problème a été recherchée. Les seuils de détection trop élevés pour le contrôle sanitaire sont l’unique cause des résultats faussés. Les deux laboratoires ont parfaitement respecté leurs cahiers des charges (seuils de détection et de quantification), ils ne sont donc pas responsables du grave problème. Leurs clients (les communes, l’Etat ou la DDASS), qui commandent les analyses avec ces seuils trop élevés, sont les uniques responsables des résultats erronés.

Par deux fois (21/03/2005 et 12/07/2005), la norme de 0,5 µg/l pour le total des pesticides a été dépassée par les analyses européennes, alors que la DDASS n’a détecté aucun dépassement de norme (max 0,2 µg/l le 06/07/2005). Si on ajoute tous les produits de dégradation des 22 pesticides de l’eau captée, et des 72 pesticides de l’eau en amont des captages, il est probable que l’eau de Villefranche-sur-Saône est en permanence au-dessus de la norme.

Le cas des 1,1 million d’habitants alimentés par les captages du Grand Lyon est inquiétant. Certains des 37 pesticides détectés dans le Rhône, à des concentrations parfois énormes (19 pesticides au-dessus de la norme de 0,1 µg/l), devraient se retrouver dans l’eau des lyonnais, alors que la DDASS ne trouve rien. Lyon n’a pas la chance d’avoir des analyses européennes indépendantes. Elles existaient autrefois mais elles ont été supprimées en 2000.

Cette comparaison apporte la preuve que les analyses sanitaires officielles sont erronées dans tout le département du Rhône.

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